Personnalités

Biographie Jean-Marc BORELLO

Jean Marc Borello
Président du GROUPE SOS

Ni Dieu, ni maître, ni actionnaire

La lutte contre l’exclusion a toujours guidé le parcours hétéroclite de Jean-Marc Borello. Né en 1957 d’un père militaire et d’une mère ouvrière, il est originaire d’Aix-en-Provence. A seulement 19 ans, il devient éducateur spécialisé et s’oriente vers l’accompagnement de jeunes délinquants « réputés inassumables en milieu carcéral ».

Le fonctionnaire entre ensuite à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILT) lors de sa création en 1982, car il a développé une expertise dans la lutte contre les addictions.

Jean-Marc Borello poursuit sa carrière dans les cabinets de deux personnalités: celui de Gaston Defferre, alors maire de Marseille, puis comme chef de cabinet de Gilbert Trigano, délégué chargé des nouvelles formations auprès du Premier ministre.

Après 10 années de service public, la carrière de Jean-Marc Borello connaît un tournant en 1987, quand il prend la tête d’un groupe de PME dans le domaine des loisirs et de l’hôtellerie, pour les 10 années suivantes.

En 1997, Jean-Marc Borello décide de se consacrer à temps plein au Groupe SOS, dont il avait fondé les premières associations en 1984 bénévolement. Il devient alors Président du Directoire. Le cœur de métier du Groupe SOS est de développer l’entreprenariat d’intérêt général, au service de la lutte contre l’exclusion. Les domaines d’actions se sont progressivement étendus pour couvrir aujourd’hui 8 secteurs : les seniors, la jeunesse, la culture, l’action internationale, la transition écologique, la santé, les solidarités et l’emploi. Le Groupe SOS a construit un modèle pluridisciplinaire de lutte contre l’exclusion en France et dans le monde. Le Groupe Sos devient rapidement un pionnier de l’innovation sociale, capable à la fois de concevoir des solutions nouvelles à des problèmes anciens, et de les tester dans la foulée. Jean-Marc Borello voit dans cette manière de faire une prise de risque nécessaire, et le Groupe SOS sera souvent à l’origine de concepts avant-gardistes, tant dans ses actions de terrain que dans son mode de gouvernance.

Jean-Marc Borello multiplie par ailleurs les engagements. Il s’investit dans la lutte contre le VIH, et accepte plusieurs mandats dans des associations concernées : Président de l'Union des Associations de Lutte contre le Sida (UNALS), Vice-Président de Sidaction, Vice-Président d’Elus locaux contre le Sida et directeur de la publication du Journal du Sida.

Cherchant à faire connaître son domaine d’action, il devient professeur à Sciences Po et y enseigne les questions sociales. Il forme dans ce cadre des élèves aspirant à passer les concours de l’ENA.

Ses idées et ses engagements, il cherche aussi à les transmettre en publiant plusieurs ouvrages. Il publie en 2013 « Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles », dont le titre illustre l’un des mantras du Groupe SOS : « Faire avec la réalité sans jamais l’accepter ». Jean-Marc Borello, et le Groupe SOS avec lui, se donne pour mission de développer le modèle de l’entreprenariat social, capable d’intégrer les logiques économiques et sociales tout en poursuivant un objectif solidaire de lutte contre l’exclusion.

Jean-Marc Borello signe en 2015 le « Manifeste pour un Monde Solidaire » aux côtés de Jean-Guy Henckel. Dans ce livre, il appelle à sortir de la logique des intérêts particuliers pour mettre l’entreprise au service de l’intérêt général. Il explique que par ce moyen nous tendrons vers un modèle réduisant les exclusions, ce qui permettra à terme de lutter contre les tensions sociales, la crise environnementale et la perte d’espoir.

Le Groupe SOS se développe très rapidement, et est aujourd’hui la première entreprise sociale d’Europe. Il compte 18 000 salariés et près de 500 établissements, et s’étend sur 44 pays. Pionnier de l’innovation sociale, le Groupe SOS cherche à présent à faire profiter les entrepreneurs sociaux qui le souhaitent de son expérience, et aide au lancement de nouvelles entreprises sociales et durables en-dehors du Groupe SOS.

C’est dans cette logique que Jean-Marc Borello co-fonde le Mouvement des entrepreneurs sociaux (MOUVES), et en devient le premier président entre 2010 et 2013. Il souhaite ainsi participer à faire connaître le monde de l’entreprenariat social au grand public, et à unir les entrepreneurs sociaux afin de provoquer un partage de connaissances et d’expertises au bénéfice de tous.

En 2017, il publie un nouveau livre intitulé « Pour un capitalisme d’intérêt général ». Il expose sa vision de l’entrepreneuriat social, seul à pouvoir proposer un modèle d’avenir en termes sociaux et écologiques. Il souhaite briser les tabous existant entre les milieux de la solidarité et de l’entreprise, afin de proposer un nouveau système au confluent de ces modèles. Trois catégories d’acteurs complémentaires seraient nécessaires : lucratifs, non-lucratifs, et d’intérêt général ; travaillant de concert pour répondre aux défis sociaux de plus en plus pressant que l’Etat n’arrive plus à endiguer seul. Ce modèle nécessite que la perception qu’ont les différents types d’acteurs les uns des autres évoluent. Le monde de la solidarité doit accepter que l’efficacité économique n’empêche par l’entraide. Le monde de l’entreprise doit lui commencer à penser en termes de retombées sociales positives, d’actions et d’investissements moins risqués et de long terme. Le livre rencontre beaucoup de succès, et doit être réédité quelques mois après sa parution.

En octobre 2017, un autre ouvrage vient le compléter : « Choisir son monde », préfacé par Nicolas Hulot. Il met l’accent sur un nouvel acteur : l’entreprise sociale écologique. Innovante, capable d’inventer de nouveaux modèles d’économie et de gouvernance pour « faire mieux avec moins », l’entreprise sociale écologique allie un objectif de préservation de l’environnement à un objectif humain, afin de favoriser un meilleur « vivre ensemble ». Dans ces ouvrages, Jean-Marc Borello exprime une vision assez complète de ce qui pourrait être selon lui un modèle d’avenir pour nos sociétés.

A la demande de la Ministre du Travail Muriel Pénicaud, il est chargé d’étudier la question de l’innovation sociale comme moyen de lutte contre l’exclusion. Il remet un rapport en janvier 2018 comprenant 19 propositions. Parmi elles, un nouveau parcours d’insertion complet pour remplacer les contrats aidés, comprenant une formation, un emploi, et un accompagnement adapté à la personne et aux logiques territoriales. Il montre la nécessité d’analyser le chômage par le prisme de la responsabilité collective plutôt qu’individuelle, afin de mieux comprendre ses mécanismes et les réponses à y apporter. Selon l’un des principes fondateurs du Groupe SOS : « Personne n’est inemployable ».

Jean-Marc Borello est officier de l’Ordre National du Mérite et chevalier de la Légion d’Honneur.

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Revue de presse

Aller plus loin
Bibliographie
  • Jean-Marc Borello, SOS contre toute attente, Rue de l'Echiquier, 2009
  • Jean-Marc Borello, Nicolas Hazard, François Bottollier-Depois, L'entreprise du XXIe siècle sera sociale (ou ne sera pas), Rue de l'Echiquier, 2012
  • Jean-Marc Borello, Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles. Sur les pas du fondateur du Groupe SOS, Rue de l'Echiquier, 2013
  • Jean-Marc BORELLO, Jean-Guy HENCKEL, Manifeste pour un Monde Solidaire, Le Cherche midi, 2015
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