BY UP LE MAG

UNE PÉTITION POUR DIRE NON AUX TOMATES BIO SOUS SERRE EN HIVER

EN BREF – Jugées trop consommatrices en énergie et pas assez respectueuses des cycles naturels, les productions sous serres chauffées, se revendiquant bio, sont dans le viseur de plusieurs associations.

« Une aberration gustative, agronomique et environnementale ! » Voici les termes utilisés par la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB), le Réseau Action Climat, la Fondation pour la nature et l’Homme et Greenpeace France pour décrire la production de légumes biologiques sous serre chauffées hors saison. Ils réclament l’interdiction de ces pratiques dans une pétition.

« Les consommateurs sont attachés au label biologique, construire cette confiance nous a pris plus de 40 ans, nous ne laisserons pas l’opportunisme économique de quelques-uns détruire ça », affirme Jean-Paul Gabillard, maraîcher bio et secrétaire national légumes pour la FNAB.

À lire aussi : 6 choses à savoir avant de manger des fraises

Deux visions qui s’affrontent

La FNAB et le Syndicat Réseau entreprises bio agroalimentaires (SYNABIO), informés de projets de conversion bio en serres chauffées en Bretagne et Pays de la Loire, ont demandé dès juin 2018 au Comité national d’agriculture biologique (CNAB) de se prononcer sur leur interdiction. Après avoir reporté à deux reprises sa décision, le Comité votera finalement le 11 juillet. Les initiateurs de la pétition, lancée mercredi 29 mai, espèrent mobiliser un maximum de signataires d’ici là.

En fait, ce sont ici deux visions qui s’affrontent, comme l’expliquait Sylvie Corpart, agricultrice bio représentant la FNAB au CNAB, dans un communiqué : « On ne peut pas calquer un modèle productiviste conventionnel sur une logique biologique qui suppose d’accepter une baisse des rendements et des contraintes de production plus fortes dont la saisonnalité fait partie. »

À lire aussi : Où trouver des fruits et légumes frais pas chers ?

Une pratique répandue chez nos voisins

« Le cahier des charges bio impose le « respect des cycles naturels » et une « utilisation responsable de l’énergie » », rappelle la pétition. Une tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de 4 fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et 8 fois plus qu’une tomate produite en France en saison, selon l’étude FoodGES de l’ADEME, citée par la FNAB. L’organisation craint aussi la réduction des rotations dans les productions et un appauvrissement des sols.

Mais d’autres voudraient considérer qu’à partir du moment où l’on se passe de pesticide, on peut se revendiquer bio. Les Chambres d’agriculture, les coopératives Felcoop et Coop de France, ainsi que le syndicat FNSEA, penchent pour les serres chauffées en bio. Selon eux, les interdire pénaliserait la production française, car cela se fait dans d’autres pays d’Europe.

« L’idée est simplement, grâce à un chauffage modéré, d’arriver à allonger un peu la saison de production, de juin à octobre, et ainsi offrir des produits de qualité française aux consommateurs“, assure un membre de la FNSEA sur France Inter.

Mais les initiateurs de la pétition veulent eux que le recours au chauffage ne puisse être utilisé que pour « la production de plants » et le « maintien hors gel ». Tout l’enjeu est donc de savoir quelles modalités seront retenues par le CNAB, le 11 juillet prochain, pour être intégrées à son «guide de lecture» qui définira les modalités d’application en France du nouveau règlement bio adopté par l’Ue en mai 2018.

Et pour encore plus d'inspiration positive, rendez-vous sur UP Le Mag