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Du papier à base de bouses d'éléphants pour sauver les forêts

INITIATIVE – Au Sri Lanka, une entreprise familiale fabrique du papier à partir d’excréments d’éléphants. Une alternative écologique pour lutter contre les ravages de la déforestation. 90 % des produits (cahiers, albums photos, cartes) sont exportés à l’étranger.

Depuis une vingtaine d’années, l’entreprise Maximus a développé un processus de fabrication de papier insolite et respectueux de l’environnement, grâce aux déchets organiques produits par les éléphants. Cet animal occupe une place prépondérante dans la vie et la culture du Sri Lanka, une île située au Sud de l’Inde en plein océan indien. L’éléphant, symbole de paix et de prospérité, contribue aujourd’hui au développement économique du pays grâce à une innovation locale et écologique. Les pachydermes sont des herbivores, grands consommateurs de fruits et de plantes. Ils en ingèrent jusqu’à 250 kg par jour et produisent quotidiennement jusqu’à 50 kg de déjections. Les éléphants ne digèrent pas la cellulose contenue dans les végétaux, leurs déchets organiques sont donc riches en fibres de cellulose, nécessaires à la fabrication du papier. Au sein de cette entreprise installée à Kegalle, située à 85 km de Colombo, les déjections de huit éléphants sont collectées, puis séchées, lavées et enfin teintées sans pigments chimiques. On obtient ensuite du papier naturel, sans odeur, qui sera transformé en produits manufacturés vendus dans 30 pays à travers le monde.

Une solution pour lutter contre la déforestation

La production de papier à partir de déjections d’éléphant participe à la préservation des forêts. La méthode développée par cette entreprise sri-lankaise permet de ne pas utiliser de produits chimiques néfastes pour l’environnement comme le chlore, utilisé par l’industrie papetière pour blanchir la pâte à papier fabriquée à partir de fibres de cellulose présentes dans le bois. En 2013, la production mondiale de cette industrie se situait à plus de 400 millions de tonnes de papiers et de cartons. Les principaux pays producteurs sont la Chine, les États-Unis et le Japon. Pour produire une tonne de papier blanchi de haute qualité par le processus chimique classique, il faut environ 25 arbres de 12 m de haut et d’un diamètre de 15-20 cm.

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Une entreprise locale, écologique et responsable

Cette entreprise familiale a démarré cette aventure économique et écologique avec sept ouvriers. Aujourd’hui, 150 salariés répartis sur trois sites sont employés, essentiellement dans des zones rurales. Un choix assumé : « Notre intention était de développer un projet qui concilie la création d’emplois pour la population locale, la protection de la faune et la conservation des éléphants " , peut-on lire sur le site de Maximus. En achetant et en utilisant ce papier, les consommateurs contribuent à la préservation des éléphants d’Asie, menacés d’extinction en raison de la perte de leur habitat et du commerce de l’ivoire. Une partie des ventes réalisées par l’entreprise sri-lankaise est reversée à la Millennium Elephant Foundation, affiliée à la Société mondiale pour la protection des animaux (WSPA) – afin de financer un foyer accueillant des éléphants âgés et handicapés.

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