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Européennes : que proposent les candidats pour « sauver la planète » ?

A une semaine du scrutin des européennes du 26 mai, UP fait le point sur les programmes qui accordent le plus de place à la transition écologique.

Les scientifiques s’alarment sur le climat qui se réchauffe, le vivant qui meurt à petit feu. Les jeunes sèchent les cours le vendredi pour protester et réveiller les consciences des adultes. Les citoyens marchent pour le climat, conscients que la Terre brûle et que nous regardons ailleurs.

Dans ce contexte, il paraît assez logique que de nombreux candidats axent leur campagne autour du thème vert, et pas seulement Yannick Jadot, tête de liste d’EELV, qui rêve de réitérer l’exploit de 2009, lorsque Daniel Cohn-Bendit, aujourd’hui soutien d’Emmanuel Macron, avait réalisé, avec la liste Europe Ecologie, un score à deux chiffres (16 % au niveau national).

Manon Aubry (La France insoumise), Raphaël Glucksman (PS/Place publique, Nouvelle donne), Benoît Hamon (Génération.s), mais aussi Nathalie Loiseau (LREM), rejointe par l’ancien directeur général de WWF France Pascal Canfin, misent également sur l’écologie.

Mais ces derniers que proposent-ils concrètement pour protéger la planète ? Et qu’en est-il des autres listes (il y en a 34, en tout – c’est un record) ? Tour d’horizon non exhaustif.

Manon Aubry – LFI : “L’avenir en commun, en Europe aussi”

La France insoumise, représentée par Manon Aubry, ex-Oxfam, souhaite atteindre l’objectif de neutralité carbone en 2050 (faire en sorte que les émissions de gaz à effet de serre restent inférieures à ce que l’écosystème peut absorber) et investir dans les énergies renouvelables (100 % d’ici 2050). Elle propose de supprimer les subventions aux énergies fossiles et d’interdire toute nouvelle exploitation d’énergies fossiles au sein de l’UE. Le parti souhaite mettre fin à la publicité lumineuse pour réaliser des économies.

LFI entend sortir des pesticides, stopper l’importation des produits issus de la déforestation, telle l’huile de palme destinée à la fabrication de carburants, le soja et les légumineuses pour le bétail européen. Manon Aubry souhaite lancer un programme européen de dépollution des océans. Elle propose d’aller vers le zéro déchet (recyclage, consigne et compostage obligatoire, lutte contre le suremballage et obsolescence programmée). LFI veut, enfin, garantir l’indépendance des agences européennes de contrôle des médicaments, de l’alimentation et de l’environnement.

Raphaël Glucksman – PS, Place publique, Nouvelle donne : “Envie d’Europe écologique et sociale“

La liste propose d’investir 400 milliards d’euros par an, dont 60 milliards pour la France pour sauvegarder la biodiversité (en enrayant la bétonisation des espaces verts et agricoles), diviser par deux les émissions de C02 d’ici à 2030, réduire drastiquement les factures de chauffage de chaque ménage en France.

Raphaël Glucksman vise l’interdiction des pesticides, une réforme de la PAC pour mieux accompagner les agriculteurs dans la transition écolo. Il défend une pêche durable qui soit respectueux de la vie marine, prône la fin des moteurs diesels d’ici 2030, la fin de tout emballage plastique d’ici 2025.

Lui et les siens défendent une reconnaissance de l’écocide, veulent élargir le droit d’interpellation des citoyens européens et souhaitent que les commissaires européens ne puissent pas exercer une activité de lobbying dans les cinq ans qui suit la fin de leur mandat. Ils proposent la création d’une haute autorité européenne pour la transparence de la vie publique. But de l’opération : sanctionner les dérives des lobbies.

Benoît Hamon – Génération.s : “Liste citoyenne du printemps européen”

La liste défendue par l’ancien candidat PS à la présidentielle s’engage pour une Europe libérée des énergies fossiles et nucléaires. Benoît Hamon propose d’investir 500 milliards d’euros par an (grâce au soutien des banques centrales) dans les économies d’énergie, la rénovation thermique des logements, les énergies renouvelables et les mobilités propres.

Le candidat veut aussi faire reconnaître l’écocide. Souhaite créer une cour européenne des droits de la nature et interdire polluants et perturbateurs endocriniens.

Benoît Hamon propose d’avancer sur un revenu universel financé par la Banque centrale européenne et par toute entreprise lors de son introduction en bourse. Cette rémunération ne remplacerait pas les prestations sociales, promet-il.

Yannick Jadot – EELV : « Sauver l’Europe pour sauver le climat »

Les Verts proposent de créer une banque européenne du climat et de la biodiversité, et de développer un plan d’investissement de 100 milliards d’euros.

Yannick Jadot veut combattre les écocides et développer un patrimoine écologique sur la terre et dans l’océan, via un Traité environnemental. Le candidat veut taxer les produits nocifs ; il appelle de ses vœux une Europe sans pesticide, sans énergie fossile, espère une agriculture 100 % bio. Il propose que les cantines scolaires inscrivent au menu plus de repas végétariens et tendent vers le 100 % bio.

EELV prévoit d’interdire l’accès aux marchés publics et financiers européens aux opérateurs disposant d’activités dans les paradis fiscaux.

Comment financer la transition écolo et les politiques environnementales de l’Ue ? Avec la taxe sur les transactions financières (jusqu’à 190 milliards d’euros), ce qui permet de ne pas taxer, écrit la formation politique, les ménages.

Actuellement, le déficit public annuel ne doit pas excéder 3 % du PIB et la dette publique, 60 % du PIB. EELV refuse que les États soient pénalisés par la Commission européenne s’ils investissent massivement dans l’écologie.

Nathalie Loiseau – LREM : “Renaissance”

Nathalie Loiseau souhaite que les institutions européennes consacrent 1 000 milliards d’euros d’ici à 2024 pour développer les énergies, les transports propres, rénover les logements. Elle propose de créer une banque du climat, d’orienter l’épargne des Européens vers la croissance verte, de consacrer 40 % des dépenses européennes à la transition écologique.

Dans le programme figure la volonté de sortir du glyphosate d’ici deux ans et de diviser par deux les pesticides d’ici à 2025. Sans oublier le doublement des surfaces bio. Objectif : que les aides européennes ciblent davantage les exploitations à taille humaine et respectant plus le bien-être animal.

Elle propose de fermer les centrales fonctionnant aux énergies fossiles et sortir de tous les hydrocarbures d’ici 2050.

La liste soutenue par le gouvernement dit vouloir taxer le transport aérien, mise sur la fin de la vente des voitures essence et diesel d’ici 2040.

LREM propose de lutter davantage contre les fraudes alimentaires en créant une force de protection sanitaire, qui rendrait publics les résultats de leurs enquêtes.

Les autres listes écolo

Parmi les autres listes, on trouve une Urgence écologie, une liste 100 % écolo menée par le philosophe Dominique Bourg, la tête de liste, soutenue par l’ancienne ministre Delphine Batho, proposant de bâtir une « société de résilience ».

Notons également la liste du Parti animaliste, défendue par la veuve de Michel Rocard, et celle du Parti pirate, dont la tête de liste Florie Marie a milité un temps chez les Verts. Celle-ci propose, notamment, de partager librement les savoirs culturels et scientifiques, et encourager la participation citoyenne.

Et les autres ?

Peu accordent beaucoup de places à la transition écologique, mais certaines propositions, plus ou moins concrètes, sont néanmoins formulées.

La liste de centre droit, menée par l’UDI, appelle de ses vœux la création d’un livret Environnement pour financer des grands projets environnementaux et d’avenir en Europe (rénovation thermique des passoires énergétiques, développement d’une agriculture sans pesticides, lutte contre les micro-plastiques). Jean Christophe Lagarde, la tête de liste, propose d’augmenter les budgets européens liés à la recherche agronomique afin de chercher des alternatives au glyphosate.

Le PCF, avec Ian Brossat, propose d’instaurer un service public de la rénovation énergétique qui permettrait d’accompagner les projets locaux.

LR et François-Xavier Bellamy, qui n’accorde que peu de place à l’environnement dans son programme, propose d’instaurer une « barrière écologique » (droits de douane anti-pollution sur les produits importés de pays qui ne respectent pas nos normes environnementales ou sociales) pour augmenter le budget européen dédié à la recherche et l’innovation.

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) propose d’instaurer des droits de douane « anti-pollution » aux frontières de l’Europe et de préserver, en particulier, les ressources en poissons.

RN et Jordan Bardella promet d’œuvrer pour la relocalisation des activités humaines en optant pour les circuits courts et le “localisme”. Il espère en finir avec les traités de libre-échange. En outre, l’ancien Front national voudrait privilégier les productions françaises au détriment des produits de pays ne respectant pas les mêmes normes environnementales.

La liste emmenée par Florian Philippot, Les patriotes en faveur du Frexit, défend un modèle agricole tourné vers le bio, sans pesticides. Pour ce parti, sortir de l’Europe permettrait enfin de se sortir de l’emprise des lobbies, présents à Bruxelles.

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