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Café EcoFutur #1 : cinq idées à retenir sur la ville de demain

Le 23 Septembre dernier, Olivier Mongin était l'invité du premier Café EcoFutur organisé par Libération au Café monde et médias. L'auteur de "La Ville des flux" a établi le portrait de la ville de demain, qui sera dominée par les dynamiques suivantes:

1/ Les flux déterminent l’avenir de la ville

Contrairement à la ville européenne classique, qui, selon Olivier Mongin, «maîtrisait et contrôlait les flux externes», la ville moderne voit son avenir déterminé par ces flux. «Il s’agit d’abord de flux immatériels, qui perturbent le rapport à l’espace», avec les avancées numériques. «Mais les flux sont aussi matériels, ils passent par les hyperlieux où s’organisent la vie urbaine : ports, aéroports et gares». Pour lui, la ville la plus «caricaturale» est Dubaï : «une ville port en plein désert !»

2/ L’urbanisation «informelle» va se développer

«Nous assistons à la dernière vague de ruraux qui se déplacent vers les villes», souligne Olivier Mongin, et «la grande question, c’est comment permettre aux migrants de s’intégrer dans l’espace urbain». Car selon lui, cet important mouvement d’entrée dans les villes «se paie par les bidonvilles». C’est ce qu’il appelle l’urbanisation «informelle», qui ne relève ni de la puissance publique ni du marché. Il soulève un paradoxe : «d’un côté, les flux vont dans le sens d’une "illimitation", mais en retour, la ville est de moins en moins "intégrative". La tendance, c’est la "wallification" : la multiplication des murs».

3/ De plus en plus de villes globalisées

«L’exemple de la ville globalisée, c’est Dubaï. Les émirs peuvent vivre dans le local, tout en finançant une ville qui n’a rien à voir avec le local», explique-t-il. Et cela est possible grâce à la combinaison des vitesses, qui relient la ville au local ou au mondial : de la voiture à l’avion, en passant par le train ou le bateau. «A Shanghaï par exemple, une gare TGV est juxtaposée à l’aéroport». En Europe, en revanche, «nous avons des villes plus lentes, plus inscrites dans leur histoire, mais de plus en plus décalées dans la globalisation».

4/ Vers une reconquête de la rue

Pour Olivier Mongin, «nous sommes malheureusement, en France, dans un pays d’urbanisme d’Etat, avec des doctrines méprisant la rue.» Or pour lui, cet espace est fondamental : «il faut réhabiliter la rue comme un espace qui permet l’anonymat, l’entrechoquement, la mixité». Et cela semble évoluer. «Un peu partout, il y a un mouvement de reconquête du terrain, de la rue. Et là, l’informel est très important», souligne-t-il en citant les places Tahrir et Taksim.

5/ L’imaginaire urbain restera fondamental

Malgré tout, «le projet urbain ne suffit pas», prévient Olivier Mongin. «Pas besoin de murs pour faire une ville. Pour les Grecs, la ville, au départ, était la citoyenneté urbaine. C’était du mental avant tout». Et ce lien des esprits passe avant tout par l’imaginaire. «Une ville qui n’a pas de récit à raconter est une ville morte», assure-t-il, citant La Paz ou Le Caire, des villes qu’il apprécie car «productrices de récit». Et de conclure : «La ville n’est pas forcément inscrite dans le territoire».

Retrouvez la vidéo de l'événement ici : http://video.liberation.fr/video...