Évènements

La presse est-elle en danger ?

"Porter la plume dans la plaie", c’est par cette injonction que l’illustre Albert Londres invitait ses confrères à porter haut leur devoir d’indépendance et de contre-pouvoir. Alors que plusieurs menaces pèsent aujourd’hui sur les journalistes à travers le monde (absence de liberté dans les régimes autoritaires, désinformation, pression économique, suivisme….) , les critiques à l’encontre du quatrième pouvoir se font de plus en plus fortes. Pourtant, à l’image des reporters spécialisés dans l’investigation, des exilés trouvant refuge au sein de la Maison des journalistes, ou des lanceurs d’alertes au statut incertain, des voix continuent de s’élever pour dénoncer les dérives et médiatiser les comportements illicites. Les UP Conferences et La Maison des Journalistes vous proposent d’en rencontrer des représentants, et d’interroger avec eux l’avenir de l’information, en France comme à l’étranger.

Rendez-vous
Mardi 23 Mai 2017
de 19h15 à 20h45

AUDITORIUM CRÉDIT COOPÉRATIF

12 Boulevard de Pesaro, 92000 Nanterre
RER A - Nanterre Préfecture
12 Boulevard de Pesaro, 92000 Nanterre
Inscription gratuite mais obligatoire
Intervenants

Luc HERMANN

Journaliste, producteur, dirigeant de l’agence de presse Premières Lignes

Hicham MANSOURI

Journaliste marocain

Alberic DE GOUVILLE

Vice-Président de la Maison des Journalistes, Rédacteur en chef de France 24

Zara MOURTAZALIEVA

Journaliste tchétchène
Co-organisé avec

La liberté de la presse en France s’est dégradée ces dernières années, en témoigne le dernier classement publié par l’association Reporters Sans Frontières (RSF) selon lequel la France passe de la 38e place en 2015 à la 45e place en 2016, sur 180 pays audités. Parmi les critiques régulièrement exprimées à l’égard du quatrième pouvoir, celle de la concentration des médias aux mains des grandes fortunes françaises mettant ainsi à mal la diversité éditoriale, est la plus vive. A celle-ci s’ajoute la protection parfois malmenée des sources, « une des pierres angulaires de la liberté de la presse », selon la Cour européenne des droits de l’homme. Alors qu’une proposition de loi sur l’indépendance et le pluralisme des médias avait été adoptée le 6 octobre dernier étendant la protection du secret des sources aux collaborateurs non journalistes des entreprises de presse et de médias, celle-ci a été censurée par la haute juridiction un mois après car jugée trop protectrice. Les préoccupations ne touchent évidemment pas que l’hexagone, puisque Reporters Sans Frontières dénombre près de 350 journalistes emprisonnés fin 2016, soit 6% de plus que l’année précédente, et 52 pris en otages, et une dégradation qui touche l’ensemble des régions du Globe. A l’inverse, au rang des motifs d’espoirs, le Consortium international de journalistes d’investigations qui a enquêté sur les Panama Papers a été récompensé ce lundi 10 avril d’un Prix Pulitzer, encourageant de ce fait l’avènement d’un journalisme d’un genre nouveau, qui a la capacité d’enquêter en réseau au niveau mondial. Dans la même lancée, une loi instituant un statut général pour les lanceurs d’alertes, dite Sapin II, a été promulguée le 16 décembre 2016 pour mieux les protéger. Depuis le 16 mars, les lanceurs d’alertes sont également sous la protection de la Commission Européenne qui vient de lancer un « outil pour les lanceurs d’alerte anonymes » visant les pratiques anticoncurrentielles des entreprises. Des signes encourageants pour la liberté d’information, qui lorsqu’elle est en danger reflète bien souvent des menaces bien plus lourdes pesant sur nos sociétés.

Alors que le métier de journaliste se voit mis à mal en France comme à l’étranger, il est crucial de s’interroger aujourd’hui sur le tournant qu’il doit emprunter, pour préserver au mieux l’information dans le monde. Invité à la tribune, Luc Hermann est journaliste, producteur et dirigeant de l’agence de presse Premières Lignes, spécialisée dans le documentaire d’investigation et à l’initiative notamment de Cash Investigation. A ses côtés, le journaliste marocain Hicham Mansouri, qui a dirigé de 2013 à 2015 les programmes de formation de l’Association Marocaine pour le journalisme d’investigation, et Zara Mourtazalieva, journaliste tchétchène qui a exercé en Russie et s'est fait condamnée à huit ans et demi de prison dans les camps en Mordovie pour un crime qu'elle n'a pas commis. Ils sont tous les deux accueillis au sein de la Maison des Journalistes, qui accueille et accompagne des professionnels des medias exilés en France. Les échanges seront animés par Alberic De Gouville, Vice-Président de la Maison des Journalistes et rédacteur en chef de France 24.

Quelle est la situation du quatrième pouvoir en France et à l’étranger ? Quels sont les différents facteurs qui entravent la liberté et l’indépendance de la presse et comment y remédier ? Comment les institutions publiques peuvent-elles protéger les journalistes ? Quelle protection pour les lanceurs d’alerte et les sources indispensables au travail médiatique ? En vue des tendances émergentes, à quoi ressemblera le métier de journaliste demain ?