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Du poisson frais à Paris pour défendre les petits pêcheurs

Pour lutter contre la surpêche ainsi que le gaspillage, et mieux payer les pêcheurs, la plateforme Poiscaille propose aux internautes parisiens des casiers de poissons ou de crustacés en circuits courts.

On connaissait déjà les paniers de fruits et de légumes, les bacs à fromages fermiers, ainsi que les paquets remplis de denrées rares de terroir, que les particuliers peuvent rapporter en covoiturage. Voici désormais les casiers de produits de la mer à chercher dans un point de livraison parisien. L’équipe du site internet Poiscaille propose des poissons et des coquillages frais pêchés dans les 72 heures.

Et pas par n’importe qui. La plateforme opte pour les petites embarcations de moins de trois personnes. Des pêcheurs, qui sortent en mer à la journée, « utilisent des techniques vertueuses », de pêche douce, insiste le fondateur Charles Guirriec sur le site Konbini. Haro sur « les longs filets et les engins qui racle les fonds », ajoute l’initiateur au Figaro. Adepte du circuit court, il envoie chercher la marchandise via des transporteurs et s’engage à payer au juste prix les pêcheurs, soit 20 % de plus que dans les circuits traditionnels.

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« Invendables »

Avantage aussi pour les consommateurs invités à découvrir des espèces rares sur les étals des poissonneries parisiennes. Oubliez les saumons et les colins. Adoptez du mulet, de la dorade ou du tacaud, voire des araignées de mer. Le consommateur ne saura qu’au dernier moment ce qu’il pourra déguster : soit un kilo de poisson, soit deux kilos de crustacés, à récupérer dans l’un des nombreux points de relais de la capitale.

« Ces poissons (méconnus) sont souvent délaissés (par les circuits classiques) car (ils sont) mal connus et mal payés au pêcheur », glisse Charles Guirriec au Figaro. Selon lui, c’est aussi parce qu’ils sont fragiles. « Les chalutiers et leurs grands filets les esquintent et ils deviennent invendables. De plus, leur chair s’abîme rapidement et doit donc être vite consommée. En circuit traditionnel, lorsque les bateaux partent plusieurs jours en mer, ce n’est pas possible », précise-t-il. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que Poiscaille s’engage à ne rien cacher des origines des espèces pêchées. L’équipe a noué des partenariats avec des petits pêcheurs de Bretagne, du Sud-Ouest ou encore de la Méditerranée.

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Des ateliers sur les coquillages et crustacés

Deux autres observations ont achevé de convaincre le fondateur de la plateforme de monter sa petite entreprise. Premièrement, la différence flagrante, dit-il à Kombini, « entre les tarifs pratiqués par les pêcheurs et le prix payé par les consommateurs ». Et deuxièmement, le fait que les gens ne soient pas forcément « contents de la qualité, de la fraîcheur du poisson » acheté à Paris. Deux ans plus tard, 400 personnes ont testé le site et Poiscaille espère dorénavant livrer les amateurs de poissons un peu partout en France dans quelques mois.

Tout se fait en ligne ; les internautes peuvent essayer une fois, ou s’engager sur du long terme. Comptez 19,90 euros si vous optez pour un casier par semaine en abonnement (sans engagement). À noter que l’équipe met en ligne quelques recettes et propose certains ateliers. Pratique, si l’on veut apprendre à décortiquer les huîtres ou des coquilles Saint-Jacques comme il faut, sans s’abîmer les mains.

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