BY UP LE MAG

Entre maths et sport, les lycéens ont "développement durable"

On les appelle les « éco-délégués ». Leur rôle ? Sensibiliser leurs camarades au développement durable, sur ces petits gestes du quotidien à adopter. Ne pas gaspiller l’eau, trier ses déchets… Certains jeunes, qui ont pris en charge cette responsabilité en région parisienne, se sont retrouvés, avec leur prof respectif, dans un lycée d’Aubervilliers pour échanger sur leurs missions. On y a retrouvé Ryem, le « monsieur DD » de l’établissement Jacques Brel de La Courneuve.

La sonnerie du lycée professionnel d’Aubervilliers vient de retentir. Élèves et profs s’installent dans la classe. Face à eux, deux représentants d’Ecophylle, une association qui met en œuvre des projets d’éducation à l’environnement. L’initiative du jour : former ce que l’éducation nationale appelle – depuis une circulaire du ministère de 2015 – les éco-délégués. En somme, les élèves chargés de sensibiliser leurs camarades au développement durable, via certains projets menés au bahut. D’ici 2020, il y en aura dans l’ensemble des établissements français, du collège au lycée. D’où cette réunion, en ce mois d’octobre, rassemblant quelques lycées des académies franciliennes (Versailles, Paris, Créteil). Une dizaine de jeunes, avec leur accompagnateur, ont fait le déplacement, et, parmi eux, certains ont reçu le titre d’éco-délégué il y a peu.

On croise notamment Thomas et Hamedy, 16 ans, ainsi que Pierre-Alain, 15 ans. Ils sont en première à Jacques Brel, à la Courneuve, et ont été suivis par Ryem, leur ancien prof en méthode et pratiques scientifiques (MPS). Celui-ci ne prend pas à la légère leur (nouvelle) mission. « Ils sont un peu la voix du développement durable au lycée », précise-t-il le sourire aux lèvres avant d’ajouter : « Les messages passent mieux auprès des jeunes quand ils sont transmis par leurs pairs, ou une personne de la même génération » , explique l’enseignant, ravi d’avoir à ses côtés des jeunes sérieux, motivés, souriants et un brin blagueurs.

À lire aussi, le premier épisode de cette série : Le « Monsieur DD » du lycée de La Courneuve

Tri des déchets

Ce matin-là, Ryem était venu avec une bonne nouvelle. Son établissement a été récompensé par l’Éducation nationale, qui lui a décerné le deuxième niveau sur trois, du label E3D (École ou Établissement en démarche globale de développement durable), « Approfondissement ». Ce qui signifie que les premières actions de sensibilisation, de valorisation initiés l’an dernier (voir le premier épisode de cette série) ont pesé. Dans le cadre de l’option MPS, pour les élèves de seconde, le garçon de 26 ans avait parlé d’environnement, d’alimentation, de tri des déchets. À ce moment-là, le lycée ne triait pas encore les poubelles, il avait donné la consigne à certains jeunes de réfléchir à la mise en place de bacs à déchets recyclables dans les classes.



Ryem et trois de ses huit éco-délégués, présents à l’événement, se souviennent des actions qu’ils ont entrepris l’an dernier au lycée (crédit : PL)



« On a compté les salles de l’établissement pour savoir combien il en fallait en tout », se souvient Thomas durant la matinée à Aubervilliers. Il ne se souvient plus du chiffre exact, ce qui fait sourire ses deux camarades, mais il table sur une petite centaine.

Les trois adolescents sont allés au tableau pour raconter ce qu’ils ont entrepris au lycée l’an dernier, et notamment sur le tri. Et à eux d’évoquer des pistes à développer pour demain : « Il y a une usine de recyclage du papier, en face de notre lycée, qui pourrait récupérer notre stock », lance son ami Pierre-Alain, des idées plein la tête et l’envie de changer les choses.

Ryem, prof de SVT de La Courneuve, avec ses élèves

Ryem et ses anciens élèves font le bilan de la formation des éco-délégués des lycées de la région parisienne (crédit: PL)

Échange des bonnes pratiques

Tous, dans la salle, jouent le jeu et partagent leurs expériences et leurs activités au bahut. Certains se marrent, d’autres se cachent un peu derrière les copains par timidité, mais l’exercice a au moins un intérêt : l’échange des bonnes pratiques. Et c’est assez varié ! Un établissement du Val d’Oise mentionne, par exemple, un potager mis en place il y a peu. « On récupère l’eau de pluie et ça nous sert pour l’arrosage des plantes », dit une prof, qui a pris la parole à la place de ses élèves, trop timides. « Le stockage de l’eau de pluie, on le fait aussi », glisse Ryem de sa place assise et non sans sourire. La responsable parle également de corbeilles que son établissement a installées dans le but de récupérer les pages imprimées, afin que le verso puisse être utilisé, au lieu de prendre des feuilles vierges.

Hamedy et Thomas du lycée Jacques Brel (La Courneuve)

Hamedy et Thomas du lycée Jacques Brel, après leur formation, écoutent leur prof et s’apprêtent à rentrer à La Courneuve.(crédit : PL)

« Elles peuvent servir en brouillon, confirme à voix basse Ryem, en prenant des notes consciencieusement. On le fait déjà dans le laboratoire servant aux cours de SVT, mais ça peut être généralisé à la salle des profs. »

Des idées, le prof de SVT en glane également lors d’une rapide visite dans un hangar du lycée professionnel qui propose des CAP peinture en carrosserie et opérateur des industries de recyclage. Ici sont stockés des produits endommagés et des déchets électroniques que le lycée a récoltés à droite à gauche, en vue de les réparer et ou de les revendre. « Je suis sûr qu’on a de vieilles cartouches d’encre au lycée, dit-il à ses trois ex-élèves, on pourrait leur envoyer. »

La formation de ses éco-délégués n’est pas achevée, elle se poursuivra en ligne pour Hamedy, Thomas et Pierre-Alain. Mais, en attendant, la première séance touche à sa fin. Les ventres gargouillent, c’est l’heure du déjeuner. Enfin, ils vont d’abord prendre le bus et rentrer à La Courneuve. Cet après-midi, ils ont cours. Les vrais, cette fois.

La suite des aventures de Ryem, bientôt sur UP.

Et pour encore plus d'inspiration positive, rendez-vous sur up-inspirer.fr