BY UP LE MAG

DEAUVILLE GREEN AWARDS : « LA VRAIE INNOVATION EST VERTE ET RESPONSABLE »

La septième édition du Deauville Green Awards a lieu les 27 et le 28 juin prochain dans la cité normande. Le festival récompense les documentaires télé, ainsi que les spots, les mini-films d’ entreprises, de collectivités, d’ONG visant à sensibiliser. Plus de 300 productions audiovisuelles, qui traitent du développement durable, seront présentées en compétition. L’enjeu de l’événement : que de plus en plus d’acteurs adoptent des comportements green. Nous avons rencontré le fondateur du festival, François Morgant, également dirigeant de la société de production audiovisuelle NMC.

UP le mag : Pourquoi ce festival est organisé à Deauville ?

François Morgant : Tout a commencé il y a 7 ans quand je me suis mis à chercher un festival pour présenter et valoriser les nombreux films que je produisais sur le thème du développement durable. J’ai trouvé quelques festivals grand public avec une programmation et des moyens limités et sans possibilité d’échanger avec les professionnels de la communication, de l’audiovisuel et du développement durable. Il n’y avait pas d’autre choix que de le créer ! Le maire de Deauville Philippe Augier (depuis 2001, N.D.L.R.) a tout de suite adhéré au projet et nous a aidés à la réalisation du festival. Et il était aussi important que la communication sur le développement durable soit placée dans un cadre élégant, dans une ville active sur l’environnement et glamour !

Comment avez-vous préparé cette édition ?

Pour préparer les deux journées du festival, une importante équipe travaille toute l’année sous la houlette du coordinateur général, Jonathan Peynet, avec un webmestre, un directeur artistique, des graphistes, des chargés de développement, des responsables des réseaux sociaux. Nous avons aussi créé un comité scientifique, organisé par le président du festival Georges Pessis, présidé par Jean Jouzel (prix Nobel de la paix avec le GIEC) qui a pour mission de donner les directions stratégiques pour l’organisation des tables rondes qui rythment le festival. Par ailleurs, nous avons la chance de compter parmi les membres de l’association le soutien actif de communicants comme Alexandre Pasche agence Eco&co, Didier Waldung agence Media Style.

Que proposez-vous de nouveau cette année ?

Pour commencer, le plus remarquable, c’est sans doute d’avoir pu réunir cette année 370 films en compétition, un record, avec 45 % de films étrangers venant de tous les continents. Mais nous allons renforcer notre légitimité grâce au comité scientifique et aux tables rondes d’experts axées sur l’innovation. Aujourd’hui, la vraie innovation est verte et responsable.

« Les solutions pour l’avenir de notre planète »

- François Morgant



Depuis que le festival existe, avez-vous remarqué des évolutions de comportements du côté des ONG, des collectivités et des entreprises ?

C’est certain. Lorsque nous avons commencé, seule une petite partie de la communication des entreprises était axée sur le développement durable, tandis qu’aujourd’hui, cette communication est devenue primordiale pour l’image des sociétés. De la même façon, nous avons constaté une augmentation très forte des documentaires axés sur l’environnement, le social, le sociétal. Même la pub s’y est mise !

Participer au festival pour obtenir un prix, cela booste-t-il les entreprises et les organisations pour répondre aux défis climatiques ?

Comme dans tous les festivals, gagner un prix donne de la visibilité au travail réalisé. Cela valorise le projet et ceux qui y ont participé. Mais il y a une singularité avec les Deauville Green Awards qui rend la compétition différente des autres : les sujets traités présentent les enjeux et les solutions pour l’avenir de notre planète.

Dans le débat public au niveau national, parle-t-on assez de sujets liés à la préservation de l’environnement, de la biodiversité, selon vous ?

Le problème aujourd’hui n’est pas que l’on n’en parle pas assez. Beaucoup de gens en parlent : les experts, les intellectuels, la presse, les médias, les réseaux sociaux… Le vrai problème est de penser qu’il suffit d’en parler sur les réseaux sociaux pour que les questions liées aux transports, à l’énergie, à la biodiversité, à la discrimination, aux inégalités se trouvent réglées. Les films primés au festival, donnent des réponses positives, montrent qu’il faut parfois soulever des montagnes, mais que certains y parviennent !

Au sens large, comment peut-on faire évoluer les comportements dans le monde audiovisuel ?

Depuis le début, notre partenaire Ecoprod met en place des actions de sensibilisation auprès des producteurs et des techniciens du film. Ce dernier propose aux festivaliers de concourir pour le prix Ecoprod, qui récompense les meilleures pratiques en matière d’éco-tournage.

A quoi reconnaît-on un tournage plus écolo ?

Un tournage écolo, c’est tourner localement, se passer de couverts jetables et de bouteilles en plastique, encourager la consommation de produits de saison, biologiques et équitables, des achats de produits avec packaging limité, c’est faire appel à des prestataires engagés dans des démarches de développement durable, de tri et de revalorisation des déchets, etc. On peut aussi utiliser des éclairages moins énergivores (LED, Kino Flo, etc.), privilégier un branchement électrique à un groupe électrogène etc.

Ecoprod, notre partenaire, incite, en outre, le monde audiovisuel à utiliser de nouvelles méthodes de production (transports, nourriture, énergie etc..) et les résultats commencent à être probants. Nous-mêmes utilisons des vélos, des voitures électriques, le train pour mener les participants à Deauville. Aussi, nous proposons des repas sans viande et composés de produits locaux…

Retrouvez le programme complet des deux jours.

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