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Davos 2012: la rencontre de plusieurs mondes cherchant vaillamment à construire des ponts entre eux...

Antonio Meloto, élu « entrepreneur social de l’année 2010 », est un acteur majeur de la lutte contre la grande pauvreté en Asie et dans son pays les Philippines. A travers son ONG Kawad Kalinga, crée en 2003, il travaille à l’éradication des bidonvilles par la création de communautés villageoise solidaires et quasi-autonomes aux plans économiques et alimentaire. 1 million de personnes sont aujourd’hui concernées par ses différents programmes. En janvier dernier, il était invité au Forum Economique Mondial de Davos, réunissant les grands décideurs mondiaux afin de débattre des problèmes les plus urgents de la planète. Il nous livre aujourd’hui ses impressions…

A Davos, j’espérais contribuer activement à défendre les pauvres partout dans le monde, mais je me contentais finalement d'être le spectateur des superpuissances cherchant à tâtons des solutions pour maintenir la pauvreté hors de leurs frontières… C’était un événement « euro-centrique ». De Merkel à Lagarde ou Cameron, chacun essayait de trouver des solutions pour résoudre le problème de la dette. Nous, orientaux, restions sagement spectateurs… Et pourtant, des solutions se trouvaient sans doute dans nos marchés émergents en pleine expansion.

De mon point de vue, peu étaient encore disposés à prêter attention aux pays pauvres, alors que les maux et le blues de la récession exigeraient au contraire d’écouter les voix de la base, pleines d'espoir. C’est l’ironie du spectacle de Davos : les riches dépriment, alors que l’espoir grandit dans le Tiers monde et sa jeunesse.

L’Occident voit traditionnellement les pays « jeunes » seulement comme des marchés et non comme des guides. Mais la plupart de ceux qui changent la donne sont des jeunes ! A Davos, j’ai passé la majeure partie de mon temps libre avec les jeunes dirigeants de demain qui réchauffaient et énergisaient mon coeur avec leurs idées originales, leur esprit positif et constructif … J’ai particulièrement apprécié les interventions de Bill Gates et du président mexicain Calderon. Ce serait passionnant de voir ce type de personnages orchestrer et guider ces jeunes. Mais peut-être est-ce encore trop tôt pour que le Nord considère le Sud comme un véritable partenaire… Il y a pourtant là des leviers considérables de sortie de crise pour les uns, de développement économique pour les autres…

A la session d’ouverture, le 25 janvier, j’avais du mal à me concentrer quand Angela Merkel parlait des difficultés de l’Europe. Je pensais à mon président, Benigno S. Aquino III, qui était en train de redonner vie à l’île de Mindanao avec nos bénévoles de Gawad Kalinga, en construisant 10 000 maisons pour 50 000 victimes des récentes inondations. Ironie du contraste… J’avais froid à Davos dans le luxe, en écoutant une grande puissance se plaindre de sa dépression, tandis que mon Président était sous le soleil, chez nous et avec les pauvres, leur offrant le visage de l’espoir après une tragédie…

Davos est pour eux.

Traduction réalisée par Christine Bisch du réseau "Les Entreprises Humaines" (www.Entreprises-Humaines.com)

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