BY UP LE MAG

Dans l'Ain, une asso réintroduit un cheval disparu

INITIATIVE LOCALE – Dans le Bugey, dans l’Ain, une association favorise la reproduction et l’implantation, au sein d’espaces naturels, d’une espèce de chevaux proche des équidés ancestraux sauvages : le tarpan, utilisé pour la gestion du sol.

Certains vignerons ont éloigné les engins motorisés et choisi le cheval pour labourer le sol. L’idée ? Faire du vin naturel, et respecter la faune et la flore. Oui, la présence d’équidés peut servir pour sauvegarder les milieux naturels. Les membres fondateurs d’Arthen-Bugerbivore, une association née en 2004 dans l’Ain, l’ont, eux aussi, bien compris.

Le tarpan dans l'Ain

L’association possède une trentaine de tarpans au niveau du Bugey, un espace naturel dans le sud du massif jurassien.

Depuis les années 90, ils promeuvent le tarpan, une espèce proche des équidés ancestraux. L’idée : que ce mammifère, de 1m30 au garrot – soit la taille originelle des chevaux – pâture et soit « utilisé en tant que débroussailleur naturel », explique Marc Michelot, président de l’association. Celle-ci possède une trentaine de tarpans au niveau du Bugey, un espace naturel dans le sud du massif jurassien. La présence de ces herbivores, résistant au froid, y compris à la neige, permet de « limiter l’emprise de la mégaphorbiaie (de hautes herbes tel que la reine des prés) », précise l’association sur son site, qui entend sauvegarder la riche biodiversité en ces lieux.

À lire aussi : Des réserves naturelles, « pour le bien commun »

Grâce aux tarpans, justement, précise Marc Michelot, « maintenir des milieux ouverts sur les pelouses sèches favorisent les orchidées, les papillons ou certains oiseaux typiques de ces milieux comme la pie-grièche écorcheur ».

Le tarpan est proche des chevaux ancestraux

Le cheval domestiqué a été introduit dans les années 80 dans l’Est de la France par le Conservatoire d’espaces naturels qui gère et protège ces zones vertes. C’est à partir de ce moment-là que les futurs membres de l’association Arthen-Bugerbivore (nom pris par l’association en 2010) ont entrepris de favoriser la reproduction de ce cheval, dont le nom, tarpan, désigne les équidés descendants d’un troupeau sauvage présent dans une forêt polonaise à la fin du 18e siècle.

Quelques dizaines d’années plus tard, des paysans de la région de Bilgoraj, dans le Sud-Est du pays, en avaient domestiqué certains et des descendants de cette population avaient été retrouvés, au début du 20e siècle, par le biologiste Tadeusz Vetulani. Un professeur à l’université de Poznan qui avait tenté de « sauver » et faire renaître ces herbivores. C’est le travail du Polonais, mort en 1952, que l’association Arthen-Bugerbivore a voulu poursuivre.A

À lire aussi : Le tour de France de la biodiversité ?

La démarche écologique est du coup également scientifique : à l’heure actuelle, l’association aimerait bénéficier de plus de terrains disponibles pour booster la reproduction de tarpans, que ce soit dans la région de l’Est de la France ou ailleurs. Au final, la volonté est en outre de valoriser un territoire. L’association organise d’ailleurs des ateliers de sensibilisation.

Le tarpan dans l'Ain

Et pour encore plus d'inspiration positive, rendez-vous sur up-inspirer.fr