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DES ACACIAS POUR SAUVER LES AGRICULTEURS TUNISIENS

L'entrepreneuse sociale Sarah Toumi s’est donné pour objectif de mettre un terme à la désertification qui menace la Tunisie en plantant un million d’arbres d’ici 2018. Des acacias pour « recréer un écosystème équilibré ».

L’histoire débute en 2012 à la naissance du projet Acacias for all. Aux manettes, Sarah Toumi, une Franco-Tunisienne, qui voulait « répondre à une injustice que vivaient les membres de (sa) famille et de (sa) communauté », dit-elle à la radio Player FM lors de la COP 22, au Maroc. Les siens, poursuit-elle, n’ont pas « accès aux ressources nécessaires pour s’adapter aux changements climatiques ».

L’érosion des sols menace le pays de son père et, du coup, les agriculteurs comme l’était son grand-père, dans la région de Sfax, à l’Est du pays. La désertification est en marche en raison des pesticides et du surpâturage. Optimiste et déterminée, Sarah veut inverser le cours des choses. Avec Acacias for all, une entreprise sociale, intégrée à l’association Dream in Tunisia (qu’elle a fondée), elle incite les agriculteurs à se regrouper en coopératives et à privilégier les fertilisants naturels. En somme, le but est de leur transmettre des savoirs, scientifiques et techniques, afin qu’ils puissent « résoudre les problèmes de désertification » et, au final, augmenter leur revenu.

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Un million de moringas à planter

À L’Économiste maghrébin, elle explique : « Les femmes de Bir Salah (la localité d’où est originaire sa famille paternelle, ndlr) cousaient 20 chaussures par jour pour 6 dinars pour des entreprises allemandes. C’était vraiment de l’exploitation. Quand je suis revenue m’installer définitivement sur place en 2012 , je me suis dit qu’il fallait les aider. Aujourd’hui on travaille avec plus de 500 agriculteurs et agricultrices dans 13 régions de la Tunisie dont le Sud. À présent, elles ont des revenus et ne se laisseront plus exploitées… »

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Séance de plantation collective. /Crédit : Acacias for all

Concrètement, elle poursuit l’objectif de planter un million d’arbres sur l’ensemble du territoire d’ici 2018. « En 2016, nous en avons planté 113 000 », confie-t-elle, toujours à l’Économiste maghrébin. Il s’agit surtout de moringas, une espèce d’acacia dont les graines peuvent donner de l’huile alimentaire, mais aussi de la gomme grâce à une incision sur le tronc. Cet arbre a aussi cette capacité de drainer l’eau, ce qui permet de « recréer un écosystème équilibré et, donc, une symbiose entre les plantes », ajoute-t-elle à Player FM.

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Primée par Forbes et La France s’engage

D’où l’intérêt d’accélérer le mouvement pour cette passionnée d’environnement et d’agriculture. Depuis le départ, son initiative ne laisse pas indifférent. L’entrepreneuse sociale est parvenue à décrocher la bourse Ashoka. Parallèlement, elle a aussi été primée par l’organisation américaine Echoing Green et par Women for change. L’État via « la France s’engage au Sud », qui cible l’Afrique, le Moyen Orient, l’Amérique latine ou encore l’Asie, l’a aussi récompensée, de même que le Rolex Awards for Enterprise. Surtout, Forbes a intégré la jeune femme dans le classement des 30 meilleurs entrepreneurs de moins de 30 ans en 2016. Et elle n’est pas prête de s’arrêter…

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